Le Cri du Cagou

1- Cagou : oiseau endémique à la Nouvelle Calédonie ne sachant pas voler - 2- Cri du Cagou : s'apparente à un jappement de chien - 3- Le Cri du Cagou : blog communautaire sur la Nouvelle Calédonie

25 juin 2007

Liberté d'Expression

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Suite à un léger débordement des commentaires sur le message en date du 10 Mai*
Les Administrateurs de ce blog collectif culturel calédonien ont décidé de vous offrir
un petit rappel des Règles de bienséances en application sur ce blog :

Ce blog met en avant le Vivre Ensemble Calédonien au travers de sujets culturels locaux.
C'est ton Blog, ton espace d'information culturelle.
Ainsi chacun peut y laisser son avis en commentaire.

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(demandes et messages seront validés par l'ensemble des administrateurs)

Ce blog est totalement indépendant de toute pressions
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C'est dans ce sens que les administrateurs rappellent que les commentaires appelant à la haine, à la xénophobie, à l'homophobie, à la violence, à la sur-consommation ainsi que tout ceux qui ne nous plairont pas seront intégralement supprimés sans l'ombre d'un procès.

Seront supprimés dans le même élan tous les commentaires utilisant des adresses mails non valides.

*un blog à été créé afin que ceux qui le désir continuent cette conversation enrichissante.

NB: Rasskass Rouge en profite pour demander si un joli topo illustré ne pourrait être fait sur l'histoire de l'électro et ses différents genres joués en Nouvelle Calédonie afin de rendre le débat plus constructif et intéressant pour les néophytes.merci.

Posté par Rasskass Rouge à 23:13 - Réflexions Pacifique - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2007

LA DISPARITION D'ESPECES ENDEMIQUES SUR LE TERRITOIRE

Bonjour à tous,

Vous trouverez ci-après une partie de la lettre ouverte que Bertrand RICHER DE FORGES vient d'adresser au Directeur de l'IRD Nouvelle-Calédonie : une alerte d'un scientifique de renommée mondiale sur les risques de disparition d'espèces en Nouvelle-Calédonie.

Préambule :

La Nouvelle-Calédonie est constituée en grande partie de terrains latéritiques riches en métaux. Ces sols très particuliers ont permis l’apparition au cours de l’évolution d’espèces extraordinaires de plantes et d’animaux et l’île possède une biodiversité exceptionnelle reconnue au niveau international, avec une très forte richesse spécifique et la présence de nombreux groupes reliques, témoins d’une histoire évolutive et patrimoine de l’humanité. Une abondante littérature scientifique le démontre clairement. Dans cette petite île, riche en métaux une vaste exploitation minière a, dès la fin du 19ème siècle, par ses prospections et ses exploitations « sauvages », littéralement ravagé les paysages et la biodiversité. Les millions de m3de rejets stériles ont été tout simplement repoussés dans les pentes où ils ont propagé la destruction de la biodiversité bien au-delà des périmètres miniers proprement dits. La tendance internationale était alors de faire dans les colonies ce que l’on aurait jamais permis en Europe. Avec seulement quelques décennies de retard, la Nouvelle-Calédonie commença à réglementer un peu l’exploitation des ressources minières et forestières dans le dernier quart du 20ème siècle…Il était déjà bien tard et la biodiversité avait considérablement régressé.L’originalité de la Nouvelle-Calédonie sur le plan biologique est apparue dés les premières études. Il y avait là des milliers d’espèces de plantes endémiques à près de 90%. Imaginez une forêt de Nouvelle-Calédonie, fermez les yeux et attrapez une plante au hasard…vous avez 9 chances sur 10 qu’elle n’existe pas ailleurs dans le monde !  A ces végétations originales et riches sont associées des cortèges de milliers d’espèces d’invertébrés, encore peu étudiés, mais tout aussi endémiques. Les vertébrés sont moins nombreux et plus discrets, mais beaucoup ont une importance évolutive considérable. Leur isolement et des contraintes environnementales peu communes ont conduit à des radiations spécifiques originales : comme aux îles Galapagos, ce sont les « reptiles » qui dominent avec 85 espèces de lézards dont 83,5% sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie.

 

Les superficies exploitées par les mines passées, actuelles et futures :

Bien qu’il soit tout à fait évident et incontestable que les développements miniers ont été, et sont encore les principales causes de perturbations majeures de l’environnement, personne ne fait d’étude sérieuse à ce sujet en Nouvelle-Calédonie. Il y a une sorte de consensus entre les mineurs, les pouvoirs publics et les organismes de recherche pour ne pas mettre en évidence cette « vérité qui dérange » ! Il semble ainsi qu’il n’existe aucun document cartographique disponible pour évaluer les superficies minières passées, présentes et futures ? Les prospections minières se sont faites tous azimuts, laissant des cicatrices profondes et durables. Ces pénétrations humaines dans une végétation primaire endémique ont été catastrophiques pour la biodiversité et de nombreux départs de feux sont encore une conséquence indirecte de ces prospections minières. Ces deux perturbations majeures à l’environnement sont donc étroitement corrélées.
Une véritable étude objective, menée par des géographes associés à des géologues et des naturalistes permettrait d’obtenir un état des lieux et de mieux gérer les lambeaux de couvert végétal qui ont subsisté.

 

 

Les risques d’extinction d’espèces :

Les botanistes qui ont étudié la flore de Nouvelle-Calédonie soulignent sa richesse spécifique et son endémisme extraordinaire (Jaffré et al., 2004). Pour n’en citer que quelques unes : la célèbre Amborella, la plus archaïque de toutes les plantes à fleurs, est encore abondante dans des zones très restreintes du centre de l’île ; 7% des espèces de conifères de la planète, dont la seule espèce parasite du monde (Parasitaxus ustus) ; le bois-bouchon (Decussocarpus minor)…
Beaucoup de ces espèces ne sont connues que de quelques spécimens et leurs aires de répartition sont minuscules. Si l’on pouvait appliquer en Nouvelle-Calédonie les critères de l’IUCN, l’ensemble de la flore (plus de 2200 espèces) et de la faune endémique devrait figurer sur la liste rouge des espèces menacées, au seul titre de leurs répartitions restreintes.
Parmi les menaces sur la biodiversité, les plus importantes sont, par ordre décroissant, la mine, le feu et les espèces introduites. Ces dernières ont eu droit en 2006 à une commission d’experts pour en évaluer le nombre, les effets destructeurs et essayer de prévoir l’évolution des écosystèmes déjà « infestés » (Beauvais et al., 2007). Ces experts ont d’ailleurs bien mis en évidence l’augmentation probable des introductions d’espèces liées directement aux nouveaux développement miniers (par exemple transportées avec le charbon pour la centrale thermique du sud ou avec le calcaire importé pour neutraliser les boues acides du procédé d’extraction des métaux par lixiviation). Il existe déjà en Nouvelle-Calédonie 1600 espèces de plantes introduites, dont certaines sont des pestes envahissantes.
Sur les terrains latéritiques 250 espèces de plantes au moins, strictement inféodées à ces terrains, sont gravement menacées d’extinction du fait des activités minières (Jaffré, 2003). 2137 espèces de plantes sont actuellement recensées des maquis miniers et des forêts sur roches ultramafiques, soit 65 % de la flore de Nouvelle-Calédonie. 81.4% de ces espèces sont endémiques en Nouvelle-Calédonie et 47.2% le sont à ce type de sols, parmi lesquelles 27 espèces de conifères. Sur les 104 genres de plantes endémiques de Nouvelle-Calédonie, 37 genres le sont des terrains latéritiques.

On sait par ailleurs, que chaque espèce de plante abrite plusieurs espèces d’insectes et certainement plusieurs autres groupes zoologiques qui lui sont strictement associés. Il est donc prévisible que la disparition du couvert végétal entraîne l’extinction de plusieurs centaines d’espèces endémiques.

 

Conclusions et éthique du développement :

L’expression « développement durable » est devenue omniprésente de nos jours. Il s’agit d’un concept formulé par la Commission Brundtland en 1987, préconisant « une utilisation rationnelle des ressources de façon à ne pas compromettre leur utilisation par les générations humaines futures». Il est clair que la biodiversité est une des ressources majeures de l’humanité et qu’elle doit être au maximum préservée. Ce n’est malheureusement pas du tout ce que l’on observe en Nouvelle-Calédonie où, malgré les avis bien étayés des biologistes, on continue à privilégier un développement minier très destructeur en vue d’un profit immédiat. On dit souvent « gouverner c’est prévoir »…Il semble que nos gouvernants n’aient pas pris en compte dans leurs prévisions les conséquences irrémédiables pour la biodiversité : l’extinction de centaines d’espèces. Il faut absolument informer le public de ce risque authentique et irréversible. Si, une fois informé, on décide de continuer et de sacrifier ces espèces, alors…l’histoire jugera. Il semble toutefois incohérent pour l’IRD de soutenir d’une part une vaste opération internationale d’étude de la biodiversité à Vanuatu en 2006 et d’ignorer la destruction d’une biodiversité encore plus grande en Nouvelle-Calédonie ?
Il est impératif et urgent pour notre Institut de faire intervenir sur le thème des « risques d’extinction d’espèces » un groupe d’experts internationaux indépendants.

Extinction is forever ! C’est vraiment la seule chose durable de prévisible dans ce type de développement.

Posté par trapard creteux à 23:51 - Réflexions Pacifique - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 octobre 2006

DE LA COLONISATION A LA RENAISSANCE DE L’ETRE

DE LA COLONISATION A LA RENAISSANCE DE L’ETRE

 

 

 

Ce qui suit n’est que spéculation pure, ou une tentative de lecture décalée de la colonisation des pays du pacifique. Ceci n’est donc pas un travail de recherche à la manière d’un historien mais plutôt une exploration décalée des évènements historiques.

 

Pour cela il nous faut briser les chaînes du temps et de l’espace qui enferment chaque évènements dans leur contexte, car cela nous empêche d’avoir une lecture épurée des actions et des conséquences, et il nous faut également nous rappeler des constantes universelles qui composent l’univers.

 

C’est à partir de ces constantes que nous allons définir notre angle de lecture et après avoir brisé nos chaînes que nous seront enfin libérés de la logique humaine, ainsi notre spéculation nous fera aboutir sur une autre réalité et nous pourrions peut-être mieux saisir les enjeux de notre temps et les accepter.

 

 

Les constantes universelles et pôle de développement

 

Il est aujourd’hui reconnu que certains centres d’expansion du savoir universel existaient bien avant le développement de l’occident. D’ailleurs l’Egypte antique est sans doute celui qui est à l’origine du savoir occidental, et nous pourrions aussi bien parler de deux autres centres avec la mystique Hindouiste (brahmanisme), et le Taoïsme en Asie.

 

Il faut rappeler que les plus grands érudits grecs, de l’orient, africains ont été initiés à la sagesse mystique de l’Egypte antique. Par la suite les grands savants européens tels que Léonard de Vinci ont été initiés une mystique dérivée de cette même mystique antique, appelée la Kabbale juive.

 

Si les deux principales religions monothéistes, qui sont le judaïsme et l’islam possèdent leurs propres recueils de la parole de « DIEU », il ne reste que les enseignements issus de ces textes sacrés (le Talmud et la Torah) sont le produit d’une interprétation mystique dont le point commun est que les techniques d’interprétation proviennent des techniques enseignés dans l’Egypte antique, « deux langues mais un même outils pour les comprendre ».

 

La pensée, universelle enfouie dans les livres juifs et musulmans a été révélée à l’homme grâce à des  techniques de méditation variées, mais possèdent la même origine. Ainsi contenue dans la sagesse spirituelle, l’intelligence du savoir a jailli grâce à la méditation, et les enseignements et principes tirés ont  permis au monde occidental de développer la technique d’une manière fulgurante.

 

Si nous nous plongeons du côté de l’inde et de l’Asie, nous observons un approfondissement de la sagesse spirituelle, le savoir intelligent est resté à l’état spirituel. Il faut se rappeler les enseignements du Bouddha, de Confucius, des divinités Hindouiste, et du yoga.

 

La technique, qui est une manifestation aboutie de l’intelligence a permis à l’intelligence de prendre le pas sur la sagesse, et l’occident a posé sa domination dans les quatre coins du monde, grâce à sa puissante technique, produit d’une  l’intelligence développée à l’extrême.

 

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

 

Nous voyons ici se dessiner deux pôles qui se confrontent, celui de la sagesse et de l’intelligence. L’immense savoir contenu dans les textes sacrés a été développé grâce à l’intelligence. L’intelligence qui est indissociable de la sagesse, car elle permet de formaliser un enseignement, ou un concept contenu dans une sagesse. Mais l’intelligence c’est aussi le calcul, l’esprit, le rendement, la rentabilité, le matérialisme.Et le développement de la technique occidentale a permit d’asseoir la puissance de l’intelligence au détriment de la sagesse.

 

Si la dualité de la sagesse et intelligence est nécessaire, il ne reste qu’il faut sans cesse essayer trouver l’équilibre. L’époque des grandes découvertes et de la colonisation a été une période de grande tension entre ces deux pôles (intelligence et sagesse).

 

Aujourd’hui cette tension tend à vouloir s’équilibrer, mais la technique est plus que jamais puissante et entraîne toutes les cultures qui autrefois mettaient en avant la sagesse universelle plutôt que l’intelligence dans une course folle au développement de la technique dans un seul but asseoir sa propre intelligence au détriment de la sagesse (l’arme atomique de la Corée, de l’inde et le Pakistan, l’Iran, et la chine).

 

Les enseignements, autrefois destinés à l’élévation spirituelle servent aujourd’hui au développement de soi, les sectes exploitent les enseignements spirituels à des fins commerciaux, et comptent de plus en plus d’adeptes.

 

Il est enfin intéressant de constater que les évènements actuels ressemblent étrangement à ceux d’un certains passé, il est inquiétant de constater que les ingrédients sont là, comme ce fût le cas l’époque du rayonnement de l’Égypte antique, pour préparer l’émergence d’une puissance, basée sur l’intelligence pure et non sur la sagesse.

 

L’Océanie en tant que centre de savoir universel ?

 

Bien que l’Océanie soit concerné par la colonisation, il ne peut néanmoins être considéré comme partie prenant dans ce jeu de dualité que je cite plus haut (confrontation entre sagesse et intelligence). S’il faut admettre que le jeu de dualité entre la sagesse et l’intelligence océanienne soit à l’origine de leur mode d’organisation sociale, on ne peut toutefois admettre que ce soit le produit du même jeu de dualité que celui de l’orient et occident. Par contre on pourrait peut-être parler d’un duel entre une sorte de sagesse animiste et intelligence animiste, c’est à dire une sagesse et une intelligence non émanée, non émancipée de leur perception et carcan animiste et par conséquent non conscient de son propre potentiel.

 

Exclure l’Océanie de ce jeu universel nous amène à nous poser la question suivante :

 

Est-il possible que l’Océanie puisse être le foyer de savoir universel ?

 

Oui, mais ce foyer ne se cantonnait encore qu’à produire un savoir animiste. Il semblerait qu’une étape ne se soit pas produite, ou du moins, allons-nous voir par la suite, qu’une étape nécessaire et libératrice allait se produire. C’est une étape qui va permettre au savoir animiste de passer au stade de savoir universel.

 

D’un centre de savoir animiste à un centre de savoir universel (à venir…)

[EDIT : Elriko, je me permets d'ouvrir une nouvelle catégorie à destination des tes mots, je crois qu'ils méritent d'être regroupés pour en saisir l'essence, plutôt que de les chercher à travers les pages.]

 

 

Posté par Elriko à 12:03 - Réflexions Pacifique - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2006

chroniques d'un voyage interculturel

Chroniques d'un voyage interculturel 

"Avant d'être le récit qui détermine les rites, le mythe est le geste ou la parole qui circonscrit et traduit l'événement humain : sexualité, maternité, jouvence, mort, initiative, effort, etc. Vidé de son contenu profond, il n'existe plus, chez nous, qu'à l'état de conte enfantin. Mais il reste, en Mélanésie, le langage au travers duquel s'enseignent les premières disciplines de la vie personnelle." Maurice Leenhrdt (do kamo, la personne et le mythe dans le monde mélanésien) 

Chronique d'un voyage interculturel, est une expérience transversale qui nous plonge dans les profondeurs de l’inconscient mythique du kanak. Ce voyage tentera de mettre en évidence la relation incessante et dualiste entre le mythe (l’irrationnel) et le rationnel dans le quotidien du kanak à l’heure ou la tradition semble de plus en plus diluée.

Chronique d’un voyage interculturel n’est pas un sujet de recherche à la manière d’un ethnologue mais plutôt un cheminement conscient vers l’inconscient mythique.

Préalable:

La problématique de fond qui guidera notre voyage sera celui du destin commun des Calédoniens et tout au long de ce cheminement il nous faudra garder à l'esprit que le seul et unique but est de nourrir notre réflexion personnelle sur cette problématique actuelle.

Lors de ce voyage libre nous allons tenter de déceler les concepts universels et fondamentaux qui guident chaque coutume, chaque geste du kanak, du plus anodin au plus protocolaire. Nous allons parfois même envisager l'histoire d'une manière complètement irrationnelle. Non pas pour réécrire l'histoire mais simplement pour nous ouvrir d'autres espaces de réflexions peu conventionnels mais tout aussi intéressants et riches.

Pour ce faire nous allons souvent regarder les choses d'une manière décalée, mythique, et vous remarquerez que mes références seront souvent et arbitrairement liées à une mystique juive nommée Kabbale, qui me passionne par son universalité. Ceci non pas pour initier une nouvelle religion mais pour que nous admettions le fait que le regard vrai du monde est multiple.

En effet nous partirons toujours du principe que peu importe la multitude de chemins que nous emprunterons pour notre propre recherche de la vérité, tous nous mènent vers un même but. Mais croyez bien qu’il ne s’agisse pas ici de définir ce but mais plutôt de voir en chaque chemin une vérité qu'il ne faille négliger.

« De l'unité vers la multiplicité, de la multiplicité vers l'unité » 

Dans cette expérience nous allons peu à peu habituer notre cerveau à sortir des sentiers battus et pour imager nous pourrions faire un parallèle avec l'informatique en disant que si certains surfent sur le web avec Apple, comme d'autres le font avec Windows ceci étant leur objectif est toujours le même. S’habituer à ce jonglage permanent entre le rationnel et le mythique affine la capacité d’adaptation de l’homme.

Présentation de la démarche :

1/Présentation d'une situation.

2/Mise en perspective de la logique traditionnelle

3/Mise en perspective de la logique universelle.

4/Essai de mise en perspective moderne du principe.

Une théorie comme point de départ:

« En principe, toutes les cultures, dites primitives ou modernes, renferment en elles des concepts universels dans leurs traditions, coutumes et usages. Ces traditions matérialisent l'équilibre que l'homme à trouvé entre ce qu'il est et ce qui l'entoure »

Enfouis dans les profondeurs des cultures  primitives et dilués dans la multiplicité des modes de pensées actuels (philosophiques, religieuses, économiques...), l’hyper rationalité du monde à conduit l'homme moderne vers une situation dans la quelle il ne parvient plus à saisir ce qui le rapproche des autres hommes et perd ainsi de sa substance.

Ce voyage va nous initier à la première étape que dois franchir un individu en quête de confiance en soi, c'est-à-dire se convaincre à soi-même que les solutions pour l'équilibre de soi se trouvent d'abord en soi.

« Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut et tout ce qui est au-dedans est comme tout ce qui est au dehors » 

Ce n'est pas ici une manière de magnifier la puissance individuelle de l'esprit humain, mais plutôt de dire, connaît toi, toi même.

Nous dirons enfin que Les éléments fondamentaux de la construction du destin commun des Calédoniens sont en eux-mêmes dans chacune de leurs cultures mais les reconnaître nécessite un retour aux sources de chaque culture.

I / Le mythe de l’arrivée des missionnaires sur Houaïlou

Histoire issue de la mémoire collective des gens de Houaïlou

L'arrivée de l'évangile (parole du christ appelée aussi  bonne nouvelle), dans la région de A'jié est une étape fondamentale dans le processus d'émergence de la pensée Kanake.

L'histoire raconte que le premier missionnaire qui arriva à Waa Wii Luu (Houaïlou, traduit du A'jie « fait de peur qu’il ne se couche, en parlant du soleil») était océanien.

Grâce au chemin coutumier entre les chefferies des îles et ceux de la grande terre  ce missionnaire a débarqué avec sa pirogue sur la plage de Mwaciri Tô Yéré. Son objectif premier fût de convertir le grand chef, qui lui  proposa le marché suivant, « si tu arrives à passer la nuit sous ce banian sacré de nos ancêtres, demain matin ma chefferie abandonnera ses diables et honorera ton Dieu. »

Le missionnaire se réveilla le lendemain sain et sauf, et ce fût à partir de ce jour là, à Mwaciri tô yéré (chefferie cachée) appelée aujourd'hui Parawiè (plage), que le missionnaire entama l'évangélisation de toute la zone Houaïlou, Kouaoua, canala.

Dans ce mythe contemporain nous allons principalement nous intéresser à la vision du grand chef et nous poser la question suivante :

Pourquoi l’acceptation de l’évangile n’a rencontré aucune résistance majeure ?

2/ Mise en perspective de la logique traditionnelle

Deux concepts de base dans la tradition kanake nous permettront de comprendre ce qui s’est passé, la parole et de l'origine mythique.

La parole

S'il ne fallait retenir que l'essentiel du kanak, la parole ou le verbe serait cet essentiel. La parole, le no (parole en A'jie, prononcé NON) est l'univers du monde kanak. Le no est la volonté de l'acte, l'acte en lui-même, les conséquences de l'acte, on pourrait l'associer à la sainte trinité par le fait qu'il soit lui même un tout et  trois attributs à la fois.

La tradition et la coutume sont les manifestations de cette parole sacrée, puissance qu'il faut craindre car en elle tu trouveras la sagesse vivifiante mais également la mauvaise parole qui anéanti la vie.

Le fait que ce missionnaire soit envoyé par les grands chefs des îles joue un rôle primordiale et d’un certain point de vue nous allons dire ici que c'est la parole Kanake qui a introduit la parole de Dieu.

Arrivé par le chemin de la parole sacrée ce missionnaire apporte une autre parole forte, d’amour universel, de réconciliation, de paix. Son acceptation est un tournant dans l'histoire du peuple kanak. Ce nouveau no, nommé évangile est porteur de valeurs qui sont similaires à celles véhiculés par le no i kamo « la parole de l’homme », ce n’est donc pas un choc de culture mais la rencontre de deux puissances dont l’origine est la même.

C'est à mon sens la véritable et première étape du processus d'individuation qui va amener l'émergence de la pensée Kanake. Processus que le missionnaire Leenhardt traite un peu dans son livre Do Kamo (en A'jie, le vrai homme).

voir: http://www.contrepointphilosophique.ch/Philosophie/Pages/FrancoisChirpaz/Leenhardt.pdf

Par l’intermédiaire de l’évangile, la pensée kanake primitive mais universelle se projette enfin hors du kamo. Mais une question reste pourtant en suspend :

Pourquoi considérer le no et l’évangile comme ayant la même origine ?

L'origine mythique de l’homme 

Les régions de Waa wii luu, Kawipaa (kouaoua), et Hoot ma whaap, possèdent leurs propres mythe racontant l'origine des hommes. Le sôu mâ, la chute originelle, cristallise le peuplement de l'aire A'jie alors que le Kawipaa celui de l'aire Xaraacuu et peut-être celui de toute la Calédonie entière.

Dans la perception de l'origine du monde par le kanak, le Kamo (l'être) a pour origine (début) le totem. Le totem est également le lieu où tous les ancêtres vivent après leur mort et d’une certaine manière nous pouvons parler d’un retour aux origines. Le totem est intemporel il unifie le  passé au présent et à l'avenir, on pourrait encore faire un parallèle avec la sainte trinité, parce qu'il concentre en lui les trois temps. Cela marque l’intemporalité du totem au regard de l'homme autant que l’alpha et l’oméga peut représenter l’intemporalité de Dieu.

3/La logique traditionnelle sous une perspective universelle 

Une constante Kabbaliste dit la chose suivante « de l'unité primordiale vers la multiplicité et de la multiplicité vers l'unité primordiale »

Si la perception de l'évangile par les ancêtres a été influencée par leur perception animiste du monde, il ne reste que l’élément principale à retenir c’est que le no, parole ou verbe, expression de la puissance du mythe originel, du totem dans la pensée kanak, est associée au verbe dans la mystique du christ

« L'évangile est l'unité que la tradition Kanake recherchait depuis des millénaires avec son rapport exceptionnelle à la nature et dont la parole est la manifestation la plus aboutie » 

« Le Dieu du missionnaire ne remplace en aucun cas toutes les divinités animistes du kanake mais les rassemble enfin dans un univers mythique et mystique dans lequel le Kamo a toujours projeté sa quête du sens de la vie »

« L’univers mythique émanée du Kamo est à l'origine des concepts fondamentaux et universels de son système traditionnel ».

4/ Essai de mise en perspective moderne du principe: 

Nous n’allons par faire une mise en perspective moderne du principe de l’unité vers la multiplicité et de la multiplicité vers l’unité mais plutôt marquer le vrai début de notre voyage.

Ce premier voyage nous amène à repenser le mythe en tant que générateur universel de concept et de systèmes. Ainsi nous pouvons dès à présent explorer la tradition kanake en tant que forme moderne d’une pensée originelle et universelle. Nous pouvons admettre que le mythe kanak contient en lui toutes les connaissances universelles du monde des hommes et des esprits qu’il faut explorer, tels que le bouddhiste, l’hindouiste et le kabbaliste le fait.

«Au travers du mythe, de la tradition, de la coutume, des actes de tous les jours, la pensée kanake émanée nous invite à cheminer avec elle »

Posté par Elriko à 17:12 - Réflexions Pacifique - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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